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Argent et bijoux

 

800 simi 84L’argent métal a toujours représenté, pour les minorités de l’est et du sud-est asiatique, un refuge certain, disponible rapidement, transformable et universellement accepté par tous à travers les divers pays. Ce métal a diverses fonctions : économie du foyer, paiement d’un travail ou d’une transaction, dot pour la future mariée, paiement pour une alliance matrimoniale par la famille du marié et enfin pour la fabrication des bijoux. L’or est trop cher, trop rare.

Ce métal peut s’acheter sous forme de lingots de poids variés, certifiés par le gouvernement Chinois par divers poinçons. La Chine n’étant pas un gros producteur de ce métal, au XIXe siècle, les empereurs chinois se sont fournis à l’étranger, en particulier au Mexique. A la fin du XIXe siècle la République Française, pour ses territoires d’Indochine, créa une monnaie d’argent appelée Piastre, dont les pièces étaient marquées du titre, du poids et de l’année. C’est-à-dire qu’une piastre a un poids de 27 grammes, son taux d’argent est titré à 90% ; une demi piastre, 13 grammes, 90% de titre ; 20 centimes, 5,4 grammes, 68% de titre ; 10 centimes, 2,7 grammes, 68% de titre. Ces pièces, frappées jusqu’à 1938 environ, eurent un grand succès auprès des minorités, car le gouvernement français en certifia le titre et le poids. Ces pièces, que l’on trouve encore de  nos jours dans les familles Yao, ont été utilisées comme monnaie officielle, même en Chine, et ont été aussi fondues pour en faire des bijoux.

Bijoux Yao Mien :
800 simi 10D’abord, des colliers circulaires à un ou plusieurs brins décroissants en tailles vers l’ouverture
arrière servant à passer le collier autour du cou. L’ouverture arrière se termine en deux « oreilles » plates et gravées, ou par une petite boucle ouverte ou non. Ces colliers sont portés quotidiennement par les femmes, souvent par les hommes et les enfants. Pour les femmes, peuvent être accrochés à ces colliers, de part et d’autre de l’encolure, des pendants terminés par diverses clochettes, et une paire de longues aiguilles ceci pour les occasions de cérémonies. D’autre part, la longue encolure brodée du devant de la tunique comporte souvent, au quotidien, des fermetures en formes de petits rectangles décorés en repoussé pour fermer le devant de la tunique. Ces petites plaques très traditionnelles sont appelées « lakkrau » et se portent en nombre variant  de 1 à 8 ou 9, suivant la fortune de la personne. Ces fermetures sont utilisées sur les tuniques des Iu Mien, I. Mien, Tapan, Jiantou, certains Hongtou. D’autres Mien portant de petits « cache-poitrine » y fixent ces « lakkrau ». Les Kien Mien « Quan Chet »  et « Lo Gang » portent sur ce « cache-poitrine » soit 1 ou 2 grosses demi-sphères pour les premières, soit une grosse étoile en repoussé pour les dernières. Les Yao Mien Kam Mien de Cao Bang et de Chiem Hoa, au nord du Vietnam, portent comme fermeture du devant de la tunique, des disques gravés qui sont d’origine chinoise. Les Kem Mien de Hoa Binh et environs, au nord du Vietnam, ne portent rien car elles croisent la courte tunique sur le devant.

Les Iu Mien, I. Mien, Tapan Yao portent aussi, pour les cérémonies, un très grand pendant dans le dos de la tunique des femmes. De longues chaînettes partent du col, portant clochettes, divers petits instruments figuratifs, poissons ou oiseaux, et encadrent cinq rangées successives de clochettes et autres instruments figuratifs. Les poissons et oiseaux sont des symboles chinois de prospérité, bonheur et fertilité.

Deux types de bagues, avec ou sans émaux sont portés par les Yao Mien.

650 si mi 15800 si mi 49800 398Les femmes, et souvent les hommes et enfants, portent des bracelets au quotidien, de préférence par paires, représentant le mythe dragon asiatique. Ce dragon est représenté sous la forme figurative originelle, avec une ouverture pour les passer au poignet, mais de multiples interprétations symboliques dudit dragon sont aussi utilisées et ce par tous les Yao. Certains bracelets, et dans les plus anciens, étaient ornementés d’émaux de couleurs. Cette technique est très difficile avec des moyens limités pour atteindre le degré de chaleur nécessaire à la fonte de ces émaux. Ceci se pratique encore au Laos, Chez les I. Mien de Sin Ho au nord du Vietnam et chez certains Yao au sud du Yunnan. On peut distinguer, par des détails particuliers de fabrication ou de forme, l’origine du porteur, le lieu géographique, l’âge de l’objet.

Pour finir, une multitude de pendants variés à chaînettes, clochettes et petits outils stylisés se portent à la ceinture.  Il est à remarquer que le grand nombre de clochettes en argent accrochées à ces bijoux n’est pas uniquement décoratif. Ces clochettes servent à annoncer la venue de cette personne et surtout à la protéger, par ces bruits, des esprits mauvais qu’elle pourrait rencontrer.

Un ornement obligatoire et fort traditionnel des femmes Yao est la boucle d’oreille. La principale qui se retrouve chez tous les Mien et dans tous les pays, et ce sans doute depuis des siècles, est une boucle d’oreille ronde, dont le brin principal à une seule ouverture se retourne pour former une sorte de fer de lance central. Cette partie centrale est recouverte d’émaux de couleurs pour les Iu Mien du Laos. La grosseur et la taille de ces boucles varient suivant les groupes et les sous-groupes, les régions ainsi que les années. Certains Hongtou portent un anneau rond se terminant, pour un des brins, par une forme de ressort. Les Yao Kam Mien et Kem Mien, à une époque plus ancienne, portaient des boucles d’oreilles similaires à celles de Yao Kim Mun, mais de plus grosse taille.

Aucun des bijoux en argent n’est produit par un moulage, mais uniquement en partant d’un lingot ou de pièces, battus à la forme désirée après chauffe, et ensuite travaillé en repoussé, gravure, champlevé, filigrane, cloisonné et éventuellement émaillé à chaud avec de la poudre de verre de couleurs variées.

Argent métal Kim Mun :

Suivant les pays, les femmes Kim Mun portent des colliers circulaires à un brin et une ouverture pour le passage du cou. Par contre, celles-ci les portent avec les « oreilles » orientées sur le devant de la tunique. Elles y ajoutent divers pendants à motifs variés mais toujours le poisson, l’oiseau et un petit triangle représentant le symbole des Trois Purs du Tao. Elles peuvent porter soit un seul collier, soit plusieurs. A ces « oreilles », elles suspendent aussi deux chaînettes soutenant des plaques rectangulaires à ornements floraux gravés, puis des caractères chinois de bons souhaits et de vœux ainsi que leur nom. Ceci est aussi une très vieille coutume ancestrale.

Les femmes et les hommes portent des bracelets du type « dragon », mais en général stylisés et sans émaux.

800 si mu 449Les femmes portent toutes des boucles d’oreilles par paire qui sont d’ailleurs de deux formes traditionnelles différentes, mais dont l’une rappelle, sous une forme plus droite, le fer de lance de la boucle d’oreille Mien. Les Kim Mun Shanzi peuvent aussi porter, dans certaines régions du sud du Yunnan et du nord du Vietnam, des boucles d’oreilles à multiples petits pendants, mais ceci est relativement moderne et local, et non traditionnel.

800 simu 26Les femmes Kim Mun ayant atteint l’âge de l’initiation ont droit de porter la « couronne céleste » en argent. Cette large couronne est soit circulaire, soit rectangulaire. Elle se compose d’un disque central largement gravé dont le point central est une grande étoile à 8 ou 10 branches. Le tout est ceinturé d’un très grand nombre d’épingles en argent à têtes larges et plates. L’ensemble est monté sur un bâti fait de tresses de cheveux et de coton teint. Ensuite, cette couronne est portée montée sur des tresses de cheveux mélangés à d’autres tresses de faux cheveux en coton teint ou en matériau synthétique. La couronne peut avoir des épingles dont la tête plate est fixée horizontalement sur deux rangs ou bien, pour d’autres sous-groupes, sous deux rangs d’épingles à têtes plates redressées verticalement. La couronne est fixée sur la chevelure par deux longues épingles passant à travers la base de la couronne et la chevelure mêlée aux tresses de faux cheveux. La couronne est portée quotidiennement.

Avant d’aller se coucher les femmes Kim Mun enveloppent leur couronne céleste d’un carré de coton blanc écru, brodé en indigo de caractères chinois qui sont des souhaits fort élaborés de prospérité, de bonheur. Chacune a sa propre décoration et composition de l’ensemble. Les Kim Mun sont d'aussi "redoutables" brodeuses que les Mien.


Argent métal Kim Meun :
Les femmes Yao Kim Meun portent des colliers très spécifiques à leur groupe. Ces colliers, qui épousent complètement la forme du cou, sont faits sur mesure pour chaque personne. Ils sont à pans verticaux ou hexagonaux, gravés et portés avec les « oreilles » sur le devant de la tunique. Ces oreilles supportent le pan supérieur de leur très large « cache-poitrine ». Elles supportent aussi des chaînettes. De chaque oreille pendent ensuite divers petits pendants en argent à clochettes, d’autres petits outils fictifs et le triangle des Trois Purs.
Leurs bracelets « dragons » sont stylisés et sont peu larges, portés aussi souvent par paire.

Leur « couronne  céleste » est aussi spécifique. Elle consiste en une petite calotte en matière rigide, coton enduit. A son sommet, une large étoile comme pour les Kim Mun. Sur les bords de la calotte, une seule rangée de grosses épingles à têtes plates. A l’encontre des Kim Mun, les Meun portent cette couronne (aussi quotidiennement) recouverte d’un petit carré de coton blanc écru et brodé de symboles, raison pour laquelle les Chinois leur ont donné le nom de « Yao à tête fleurie ». De longues rangées de fils de couleurs entourent ce carré et tiennent l’ensemble de la tête.

YAO

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